Skip to main content
loveagain connexion

« Mal de pierres » : quand l’amour fou et le desir des dames est scandaleux

By April 6, 2022No Comments

« Mal de pierres » : quand l’amour fou et le desir des dames est scandaleux

Dans « Mal de pierres », Marion Cotillard tombe amoureuse D’un homme.

Follement. Est-ce si insense ? J’ai realisatrice du film, Nicole Garcia, et Notre psychanalyste Anne Dufourmantelle s’interrogent.

Des le commencement, dans « Mal de pierres », le nouveau film de Nicole Garcia, Gabrielle, qu’incarne Marion Cotillard, est presentee tel folle. Folle ? Elle reste pourtant bien normale, votre jeune femme qui attend une vie votre qu’elle nomme « J’ai chose principale ». Et quitte a etre scandaleuse, bien insensee de se jeter a J’ai tete des hommes, sans se soucier de ce qu’ils se disent d’elle ni des convenances. L’histoire se marche on voit des millenaires, c’est-a-dire au debut des annees 50, dans le sud d’une France. Depuis une mere (Brigitte Rouan) qui elit pour sa fille un homme solide (Alex Brendemuhl), ouvrier agricole. Le mariage a lieu puisqu’il faut beaucoup quitter J’ai famille, mais avec resilier abonnement loveagain une anti-declaration de Gabrielle : « Sachez que je ne vous aimerai jamais. » Envoyee en cure soigner ce qu’on appelle « des pierres a toutes les reins », une colique nephretique tres douloureuse, la petit mariee s’enflamme Afin de un nouvelle : le lieutenant Andre Sauvage, beau tenebreux malade, neurasthenique et opiomane, blesse en combattant en Indochine, et via ses conflits psychiques, sous des traits de Louis Garrel.

Alors folle ou gui?re ? Victime de la petite societe moisie ou des propres ideaux ? Romantique tout d’un nouvelle age ou personnage intemporel ? Amoureuse de l’amour ou de nous ? M me Bovary, c’est moi, disait Flaubert, n’ayant pas ecrit cette fameuse phrase que la posterite lui attribue. Et Gabrielle ? Est-ce quelque peu nous toutes ? Pour discuter d’la norme, une folie et du desir feminin, on a organise une rencontre entre Nicole Garcia et la psychanalyste Anne Dufourmantelle, auteure d’« En cas d’amour ».

ELLE.

Quand Gabrielle exprime son desir, elle est traitee de folle. Ces dames et les hommes sont-ils egaux en la matiere ?

Nicole Garcia. Ce qui m’a donne le desir d’adapter « Mal de pierres », le roman de Milena Agus, est cette expression : « Notre chose principale » que recherche Gabrielle. Cette chose est sensuelle, tres sexuee mais egalement sacree. On voit une mystique amoureuse, sauvage, qu’elle adresse a Dieu comme aux hommes. Gabrielle souhaite votre qu’elle ne connait nullement, dans un monde qui le lui refuse. J’aime que ce personnage ne censure jamais trop son desir. Elle se jette a la tete de l’homme, le designe. Cela est reellement accepte si c’est l’homme qui se conduit ainsi, mais, Afin de repondre a la question, bon nombre moins si c’est la femme.

ELLE. Quand c’est une femme qui agit de cette maniere, on use i  nouveau du terme pejoratif de nymphomane.

Anne Dufourmantelle. Pas toujours. J’ai pu remarquer que beaucoup d’hommes sont fascines par ces dames qui font le geste de les prendre. Depuis naturellement les femmes predatrices, type Marlene Dietrich. Mais il existe aussi une version plus douce et plus tranquille, qui provoque souvent 1 vrai soulagement. Dans un monde qui sera alors machiste, etre deleste de l’obligation constante d’etre celui qui veut me semble etre agreable concernant 1 homme. La femme qui assume son desir, qui connait une jouissance, provoque aussi un sentiment de repos.

« Pendant Plusieurs siecles, on a attendu des jeunes filles qu’elles moderent un desir. Mon heroine crie le sien. »

ELLE. Que souhaite Gabrielle, d’apres vous ?

Anne Dufourmantelle. On dit souvent que l’hysterique cherche un maitre. Ce n’est gui?re la situation de une telle soeur. Elle cherche peut-etre un quidam, mais surtout une delivrance, par-dela ma loi. C’est un desir absolu qui ne va gui?re s’epuiser via une demande en mariage, par la maternite ou par n’importe quel situation. Un desir que rien ne est en mesure de satisfaire ni contenir. Elle evoque les grandes mystiques, dont Jacques Lacan disait qu’elles n’etaient jamais analysables. Car la nevrose est tout de meme une comptabilite : quelle dette, quel gain, pour tel joie. Avec des jeunes femmes comme Gabrielle, il n’y a nullement d’arrangement possible. On est dans un engagement sans limite, elle a prevenu qu’elle ne cedera pas sur « J’ai chose principale », c’est-a-dire le desir. Elle va tomber sur une maniere de le vivre. Cela a frappee, c’est sa quete de verite. Elle n’accepte aucun compromis, ne transige nullement, ne s’apprivoise nullement.